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Minou beauté n'a pas peur du tigre.

Un conte où il est question des bottines de sept endroites, chaussures magiques permettant en un bond de sauter une meute comptant 28 000 lycos marchant en file bolly-houdienne !

Minou, le miney beauté Modifier

On dit que les mineys sont un peu sorciers. En fait ils sont souvent les fidèles amis des sorciers, mages et enchanteurs car, contrairement aux humains, ces êtres cultivés ne leur inspirent aucune peur particulière.

Voici donc l'histoire d'un miney qui s'appelait Minou, ce qui n'était pas très original. En revanche, son corps finement musclé, sa robe sable, feu et rousse, ses yeux bleus comme le saphir brillants d'intelligence, sa jolie frimousse, en faisaient un miney d'exception. Il gagna donc facilement les concours de beauté inter-tribus, ce qui suscita jalousie et concupiscence de la part de ses rivaux et de gens mal intentionnés.
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Ce qui devait arriver arriva donc : il fut volé, mais s'est échappé. Il voulut rentrer, mais s'est égaré. Esseulé, il entra dans la forêt où il erra pendant d'entières journées. Heureusement il ne souffrit pas de la faim car il était excellent chasseur : les oiseaux étaient son plat préféré. Il savait monter aux arbres, ce qui lui permettait d'échapper aux tigres qui, eux, ne savaient pas faire cela. 

C'est justement du haut d'un arbre qu'il repéra le filet de fumée s'échappant d'une cheminée... Une maison ! Peut-être une protection, un gîte, la chaleur d'un feu de bois et celle d'une compagnie humaine... Il y fût en quelques bonds et miaula de toutes ses forces devant la porte... qui s'ouvrit, révélant une jolie et souriante jeune femme... "Bonjour, lui dit-elle, je m'appelle Merline . Et toi ? " Mais Minou ne pût répondre que "miaou". "Tu es perdu ? Que veux-tu ? insista la jeune femme. Mais devant l'absence de réponse cohérente, elle finit par dire : Allez, entre..."

Eh oui, à cette époque, bien avant la naissance d'Hassad, de la belle Adone et même de Dinith ou d'Ifik, Merline était encore jeune et, bien que s'intéressant aux pouvoirs des plantes et aux secrets des animaux, elle ne comprenait pas encore leur manière de s'exprimer. Elle donna du lait au miney, lui installa une couche devant la cheminée, puis se plongea dans ses grimoires jusqu'à la nuit... Jusqu'à ce qu'à l'instar d'Archimède, elle pût s'écrier "Eurêka !", ce qui signifiait "J'ai trouvé !"

Merline alluma cinq bougies placées en cercle, fit venir le miney dans le cercle et lança par sept fois l'incantation suivante, qui était dans une langue étrangère (probablement un dialecte du Pays Vert) : "Génies de Téoula, par la magie d'Ipad, faites parler ce chat, afin qu'il narre son cas". Il se passa alors une chose inouïe : le miney souffla les bougies, salua son hôtesse d'un mouvement de tête, et parla ! "Merci de ton accueil, gente dame, dit-il. Je m'appelle Minou, et je suis un miney perdu. Je ne puis pas même dire le nom de mes anciens maîtres en raison de mon ancienne condition de miney ordinaire."

Minou raconta alors son histoire en détail à une Merline captivée. Le passage des concours de beauté fit bien rire notre jeune magicienne. Les facéties de Minou, lorsqu’il imita le tigre (voir photo) en racontant comment il avait échappé au fauve qui voulait le dévorer, montraient ses talents de narrateur. Lorsque la jeune femme lui en fit la remarque, il décida de devenir conteur et se mit immédiatement à inventer des histoires.

La première était bien sûr une histoire de miney, inspirée de sa première vie où ses victoires de beauté rapportait de l’argent à ses maîtres : « Devenu allergique au gluten, le vieux Lafarine décida de prendre sa retraite près de la Grande Mer du Sud et de laisser sa meunerie à ses trois fils. L'aîné hérita du moulin, le cadet du bodet, et le benjamin du miney. « Me voici bien mal loti ! » se plaignit ce dernier. « Que nenni, intervint le miney (car c’était un miney qui parlait), je vaux bien une minoterie ! Tu apprendras que ruse et intelligence font mieux que force et que rage.» 

Comme ils avaient faim, le miney partît chasser et rapporta un beau lâ-pain. 

- Ce lâ-pain là vaut mieux que le pain de mes frères, avoua le jeune homme.

- Si tu en es content, répondit l’animal, fais-moi un cadeau à ton tour : fabrique-moi des bottes avec sa peau.  

Une fois botté, le miney avait fière allure. Il pût ainsi se présenter au chef suprême El Malik à qui, pendant toute la saison de la chasse, il apportât régulièrement une partie de son gibier, se faisant passer pour un messager de l’émir Onthon.  Un jour, sachant que le chef suprême et sa fille voyagaient le long du fleuve, le miney persuada son maître de retirer ses pauvres hardes et de se baigner...

- Il se baigne dans le Bodah-Nubleu ? demanda Merline

- Si tu veux, mais ça peut être l’Indrar ou n’importe quelle rivière… Bon, je continue mon histoire. Donc, le miney cacha les habits de son maître en haut d’un palmier. Lorsque El Malik arriva, le miney expliqua que l’émir Onthon s'était fait dépouiller de ses habits par les quarante voleurs alors qu'il se baignait. El Malik offrit de riches vêtements au jeune homme et l'invita à s'asseoir dans son carrosse aux côtés de sa fille qui tomba instantanément amoureuse de lui.

- Cette princesse me paraît bien soumise, ou bien légère, intervint Merline…

- C’est pour le besoin de l’histoire. Cesse de m’interrompre tout le temps, tu me fais perdre le fil de mes idées… Et puis, on peut dire que le petit meunier était bien fait de sa personne et qu’il était très séduisant avec ses beaux nouveaux habits… Alors, nous disions que le miney courait en précédant le carrosse et ordonnait aux gens qu'il rencontrait tout au long de la route de dire au chef supême que cette terre appartenait à l’émir Onthon. Croyant avoir affaire à un mage, cueilleurs et moissonneurs obéissaient…

Il entra ensuite dans un palais habité par un vrai mage capable de se transformer en diverses créatures. Le mage, voyant un miney avec des bottes et doué de parole, le prit pour un confrère et le reçut courtoisement. 

- Partageons nos savoirs, proposa le miney. Quels sont tes pouvoirs ?

- Je peux me transformer en animal ! 

Ce disant, il prit la forme d’un tigre. Or ce miney là n’était pas courageux comme moi, lui avait peur des tigres et il fut si effrayé qu’il tenta de grimper sur une armoire, mais le bois ciré en était bien plus glissant qu’un arbre et, à cause de ses bottes, le miney dérapa et s’étala de tout son long sur le sol. Un peu gêné, le mage reprit sa forme humaine.

- Facile de faire la grosse bête, crâna le miney en se relevant, moi je me suis transformé en animal plus petit ! En es-tu capable ?

- En musaraigne si tu veux, répondit le mage, vexé.

- Chiche ! 

Le mage s'exécuta, le miney lui sauta dessus et le dévora… Sur ce, le cortège d’El Malik arriva au palais du mage, où le miney les accueillit en annonçant que c’était la demeure de l’émir Onthon.  Impressionné par les biens de l’émir, El Malik accepta d’offrir la main de sa fille au petit meunier. Depuis ce jour, le miney n’eut plus besoin de chasser que pour se divertir.»

La seconde histoire de Minou était inspirée par son aventure dans la forêt, mais il transforma l’animal en jeune garçon pas plus gros qu’un miney : « Un bûcheron donna un peu de bois à une vieille femme qui avait froid. Cette femme était une fée et lui dit : « Ta bonté sera récompensée. Fait un vœu, il sera exaucé. » Ne sachant quel vœu faire, il rentra chez lui. Là, son épouse lui annonça qu’ils n’avaient plus de quoi nourrir leurs enfants.

- Le sultan ne nous a pas payé sa dernière livraison de bois, et le peu qu’il me restait, je l’ai donné, expliqua le brave homme. Se mettant à pleurer, il continua : Hélas, nous voici pauvres comme Job, le mieux qui pourrait arriver est que les enfants se perdent dans la forêt…  

Le lendemain, les enfants partirent à la recherche de quelque nourriture. Le plus petit de la fratrie, âgé de sept ans, surnommé par moquerie Petit Souper parce qu’il était maigrelet et ne mangeait pas beaucoup, était chargé de marquer le chemin en traçant des signes sur les arbres. Comme cet étourdi avait oublié sa craie, il décida de marquer le chemin en émiettant son sandwich, mais le pain fût mangé par des oiseaux, ces sales bêtes voraces et sans cervelle que les mineys doivent manger pour éviter qu’on en soit envahis… Bref, c'est ainsi que lui et ses frères se trouvèrent perdus dans la forêt.

Ils arrivèrent alors devant une chaumière et demandèrent à y loger. La femme habitant en cette maison ne te ressemblait pas du tout, chère Merline, c’était en réalité tout ton contraire, une marâtre qui faisait du traffic d’enfants. Elle fit entrer Petit Souper et ses frères, mais les emprisonna vite fait. Se voyant ainsi trompés, les enfants cherchèrent le moyen de s’évader. La pièce où ils étaient était équipée d’une chatière (on sait que les marâtres ont souvent des mineys pour compagnons) et Petit Souper était si maigrelet qu’il y passait.

A cette vue, ses frères exultèrent de joie, ce qui attira l’attention de la marâtre qui chaussa ses bottes afin de poursuivre l’enfant qui courait maintenant à la recherche d’un quelconque et hypothétique secours. On eût dit que la peur lui donnait des ailes. Aussi, au bout d’un certain temps, de courir ainsi après lui, la marâtre fût fort fatiguée et, s’arrêtant pour se reposer, s’endormit. Petit Souper s’approchât d’elle prudemment et, pour l’empêcher de continuer la poursuite, lui ôta les bottes. Ne sachant qu’en faire, il les enfila. 

Avec ces bottes très grandes pour lui, il avait l’air d’un postillon, ces cavaliers porteurs de messages. Il reprit sa quête de secours et trouva enfin des soldats d’El Malik qui le prirent effectivement pour un postillon. Il se garda bien de les détromper, disant qu’il était à pied car son cheval avait été accidenté. Les soldats lui prétèrent un chameau et tous allèrent délivrer les frères de Petit Souper. La marâtre fût arrêtée pour être jugée. 

- Toi qui es postillon, ordonna le chef des soldats à l’enfant, va donc au palais d’El Malik pour l’informer de notre exploit. C’est à sept endroites* d’ici, dans la direction du soleil couchant.

Petit Souper ne se le fit pas dire deux fois… Une fois au palais, il en profita pour dénoncer le sultan qui n’avait pas payé le bois à son père. El Malik prit des mesures pour que ces désordres soient corrigés et embaucha Petit Souper comme messager personnel. Ainsi cette histoire finit bien, pour la famille de Petit Souper tout au moins."

- Bravo, belle imagination, s’émerveilla Merline, mais dis-moi, d’où te vient l’idée des bottes ? 

- Dans ma tribu, répondit Minou, seul le chef et les plus valeureux chasseurs ont des bottes. C’est un attribut royal. De plus, elles permettent de bondir sans s’abîmer les pattes… 

Le lendemain, Merline se rendit comme chaque semaine au village des troglodytes , dont elle soignait les malades avec ses plantes. Elle en profita pour faire confectionner de petites bottes, avec une idée bien précise derrière la tête… Lorsqu’elle rentra chez elle, elle appela « Minou, j’ai un cadeau pour toi ! » Voyant les bottines, le miney laissa éclater sa joie et les chaussa immédiatement, mais se rendit vite compte qu’elles n’étaient pas du tout pratiques pour monter aux arbres ! En effet il avait besoin de ses griffes pour cet exercice, bien qu’il les rentrât pour marcher normalement. 

Merline sourit et lui dit : « Lorsque tu les chausseras, tu n’auras pas besoin de tes griffes. Ces bottines te permettront d’exercer tes talents de conteur dans tout le pays car tu pourras te déplacer d’un lieu à un autre lieu en quelques instants, et tu pourras aussi revenir me voir aussi souvent que tu voudras ! » Elle plaça alors sept bougies autour des bottines et lança sept fois l’incantation : « Génies de Téoula, donnez votre légèreté à ces choses-là, qu’en un bond celui qui les chaussera franchisse sept endroites . » 
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Minou devint un conteur réputé, de Boli-Houd jusqu’au Pays Vert, où ses histoires de fées firent merveille. Il fut souvent imité, probablement jamais égalé.  Le temps passa et au fil des années, le fringant animal devint bien vieux. A chacune de ses visites à la petite maison dans la forêt, il semblait plus fatigué. Son dernier voyage fût pour le Pays Vert, dont il ne revint pas… 

Des années plus tard, Merline apprit par le biais d’autres conteurs voyageurs que les bottines magiques avaient été récupérées par un ogre, dont elles firent la fortune, mais celui-ci se les fit voler par un jeune délinquant. Ce dernier, devenu riche à son tour, voulut les faire ressemeler car elles étaient bien usées. Elles perdirent alors leur pouvoir à jamais.

Exercice 1 (français) : trouver les moralités de ce conte

Exercice 2 (calcul) : l'auteur affirme que les bottes de 7 endroites permettent de franchir une meute de 28000 lycos. Trouver comment il arrive à ce résultat.

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